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mercredi 3 juillet 2013

Le Festival SEAPOP "HELLO BIRDS" prêt à faire shoegazouiller Etretat le 20 juillet

LE PREMIER FESTIVAL SEAPOP MUSIC NORMAND

La Haute- Normandie n'est pas la région de France la plus fournie en festivals de musique loin s'en faut, ce palmarès revenant sans conteste à nos amis bretons. Si Le Rock dans Tous ses Etats à Evreux assure ce rôle de moteur régional depuis désormais 30 ans, il faut reconnaître que, malgré le fort potentiel de nombreux sites touristiques régionaux et les tentatives de quelques associations locales, il manquait depuis toujours un bon festival sur la côte haut-normande, un peu comme ce qui se fait sur la côte sud de l'Angleterre (Brighton etc...).  Ce festival tant attendu, une équipe de 7 passionnés l'a imaginé cette année en posant la première brique de ce projet à Etretat, fameuse station balnéaire haut-normande réputée pour ses falaises, son histoire, sa littérature, et sa qualité de vie. Leur projet, ils l'ont pensé tout simplement en proposant une programmation musicale SEAPOP avec des concerts et des DJ sets gratuits toute la journée du samedi 20 juillet dans ce cadre idyllique, au pied des falaises, juste en face de la mythique aiguille creuse d'Etretat.


COMMENT LES  SOUTENIR ?

Pour organiser au mieux l'accueil du public, l'équipe du festival communique depuis plusieurs semaines sur le fait qu'elle a besoin de 5000 euros. Une bonne partie de la somme est déjà réunie, mais pour que tout cela ait un sens, il faut continuer à les soutenir financièrement pendant 7 jours pour atteindre le montant. Vous pouvez donc soutenir leur projet en ajoutant des Euros à leur cagnotte KissKissBankBank qui est disponible en cliquant ici. Vous serez de plus récompensés de goodies collector (sac, t-shirts, serviettes de plage, etc...) à la gloire du festival en fonction du montant que vous aurez donné.

HELLO BIRDS - SEAPOP MUSIC FESTIVAL - 20 JUILLET 2013 - ETRETAT

PEGASE (LIVE)
ROCKY (LIVE)
DISCO ANTI NAPOLEON (LIVE)
L'ECOLE DES GARCONS (LIVE)
JUVENILES (DJ)
VICE CREW (DJ)
CRAB CAKE CORPORATION (DJ)
RAFINE (DJ) 


  
www.hellobirdsfestival.fr
www.facebook.com/hellobirdsfestival
www.twitter.com/hellobirdsfest

LE FESTIVAL EN 3 QUESTIONS

Question 1 : C'est quoi l'identité d'un festival SEAPOP ?

Hello Birds : Le concept de notre festival SEAPOP, c'est de proposer une journée en juillet dédiée aux cultures pop, rock et électroniques afin d'inviter tous les publics d'Etretat à les découvrir et en profiter. La mairie nous a autorisés à installer une scène afin de proposer une série de concerts toute l'après-midi et en début de soirée. En parallèle de ces concerts, le bar des Roches Blanches laissera place à des djs avec terrasse x soleil x pétanque !

Question 2 : Pourquoi avoir choisi Etretat ?

Hello Birds : Le cadre est parfaitement adapté pour ce type de projet. De plus, nous sommes tous des amoureux d'Etretat ! L'équipe se compose d'une dizaine de personnes ayant tous vécu à Etretat. Nous avons aujourd'hui le souhait de proposer cet événement inédit pour enrichir encore les dynamiques culturelles et créatives de la région !

Question 3 : Que permettrons d'améliorer les 5000 euros à réunir ?

Hello Birds : Très concrètement l'aide nous servira à optimiser l'organisation du festival : pour de meilleures conditions techniques pour les groupes sur scène, pour pouvoir proposer un espace de qualité pour la réception des publics, et enfin pour proposer un système de gobelet Ecocup pour le respect de l'environnement.



TEAM : EMMANUEL BROCHEC / CHRISTIAN FEVRET / BENOIT JOLLIVET / SEVERIN MERAD / ANTOINE MORELLE / JULIEN SORRENTI / FRANCOIS VASSEUR AND MANY MORE...

mercredi 24 mars 2010

Les Cors du Christ




Je m’assois à la terrasse du Fouquet’s, un peu stressé. Je suis sur le point de rencontrer celui qui a hanté mes jeunes années, la star la plus suivie du monde. Aujourd’hui elle truste sans frémir plus d’un milliard de fans, très, très loin devant les Rolling Stones, Mickael Jackson et U2 réunis. Rêve humide de tout manager qui se respecte, il modère ses apparitions et on compte ses interviews sur les doigts de la main, au sens propre. Les dernières ont donné lieu à un livre qui est juste le plus vendu au monde. Et il s’est passé pas mal d’années depuis.

Le voici enfin. Il attache sa croix à l’entrée de la terrasse et se dirige vers moi avec un sourire. Je me réfugie derrière mon White Russian comme un enfant qui a peur de perdre à cache-cache.

« Bonjour Albert. Je suis ravi de faire ta connaissance. »

Jésus, JE-SUS se tient devant moi, les dents à l’air et la main tendue, la couronne d’épines délicatement penchée sur une oreille à la Charlie Winston. Je maîtrise mon envie de partir en courant et tends ma paluche tremblante au plus gros « fils de » de tous les temps. Sa poignée de main est chaleureuse, son regard franc, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a la politique dans le sang.

« Je suis obligé de limiter notre entrevue à 30 minutes, tu m’en vois navré. La promotion de notre Église me prend un temps fou. »

Je calme l’épilepsie de mon stylo et commence l’interview que j’ai attendue toute ma vie.
Jésus Christ nom de D... nom d'un chien.

LMDC : Vous êtes donc le Messie, l’homme de la situation comme on dit. Des millions de gens vous prient chaque jour, ma première question portera donc sur la logistique : comment gérez-vous ces demandes ?

JC : Au début nous avons simplement répondu, prière après prière, avec mon père et ma mère. Mais cela s’est vite révélé inefficace. Nous étions débordés par la demande, et le taux de non-qualité a grimpé en flèche. On a même failli perdre la certification ISO 9001. Les prophètes ont géré un temps, mais nous avons rapidement du décentraliser en Inde et en Chine, notamment pour le tout-venant ; comme tout le monde me diras-tu, mais disons que dans notre business ça pouvait poser quelques problèmes de cohérence. Le concept a dépassé nos prévisions les plus optimistes, et si valorisant que cela puisse être, nos opérateurs se sont vite retrouvés débordés. Aujourd’hui nous avons des centres d’appel dans le monde entier, et nous parvenons à peine à épancher la demande.

LMDC : Vous êtes donc en difficulté face aux besoins des croyants ?

JC : Pas vraiment. Aujourd’hui personne n’est vraiment surpris de voir une prière échouer, ce serait plutôt le contraire. Avec l’équipe du marketing on a décidé de jouer à fond la carte du « essaie toujours », en créant une dépendance chez les pécheurs. Pour l’instant le système tient.

LMDC : Qu’en est-il des intégristes ?

JC : Nous les utilisons pour mettre un coup de boost de temps en temps, particulièrement lors des baisses de fréquentation. Cela dit nous avons une charte de qualité, produite en interne, qui interdit tout abus. C’est très délicat à utiliser et les erreurs se paient cash, on a vite fait de se retrouver complètement en dehors de son époque.

LMDC : Que pensez-vous des positions du Pape quant aux préservatifs ?

JC : Je n’ai pas nommé Benoît à ce poste par hasard, et je me félicite de ce choix. Parfois ses décisions me surprennent, mais il sait ce qu’il fait et j’ai toute confiance en son modèle de gestion. Je pense aussi que nous avons intérêt à ce que les croyants fassent un maximum d’enfants croyants, et ce n’est pas en prônant la contraception que nous y arriverons. Un fabricant de cigarettes qui offrirait des Nicopatch, vous en penseriez quoi ? (rires)

LMDC : Pensez-vous avoir encore votre place dans le monde actuel ?

JC : Je vous répondrais en deux points. Tout d’abord, ce monde n’est pas différent d’il y a 20, 200 ou 2000 ans. Je ne crois pas devoir vous rappeler que je connais bien toutes ces époques, et une chose ne bouge pas : l’Homme est un loup pour l’Homme, et il a besoin d’un berger. C’est là que notre produit se place. Nous sommes la réponse parfaite à tout ce qui reste un peu vide chez l’Homme. Deuxièmement, aujourd’hui tout est tellement fondé, expliqué, mis à nu, qu’il ne reste que deux façons de s’en extirper : la drogue et la religion. Vous ne me ferez pas pâlir d’être une alternative à la drogue. D’ailleurs la religion n’a jamais tué personne.

LMDC : Ben en fait, si…

JC : Ta gueule.

LMDC : Donc vous prônez l’addiction ? On pourrait résumer ça par « Garçon, l’addiction ? »

JC : Sans déconner….

LMDC : Pardon mais c’est rapport à la croix, je n’ai pas pu résister. Vous avez raison. Pardonnez moi Seigneur. Je ne sais pas ce que je fais.

JC : Je vois ça.

LMDC : Bon c’était drôle quand même. La croix, ça fait un « plus ». Comme pour une addition quoi.

JC : Je ne trouve pas. Vous êtes chiant comme type.

LMDC : Vous êtes un fils à papa qui se la pète.

JC : Vous voulez vraiment que je me fâche ?

LMDC : Même pas peur. Je suis fils d’ouvrier moi monsieur.

JC : Bon j’ai vraiment pas que ça à fiche. A papa.

LMDC : Ouais c’est ça adieu.

mercredi 10 mars 2010

le Fan t'astique


Nous recevons aujourd’hui Julien Cazères, qui a récemment rejoint l’armée de fans de LaMoucheDuCoq sur un site de réseau social que nous ne citerons pas. Sa particularité est qu’il est notre 200eme fan, et que cela méritait un coup de projecteur. Nous respectons nos fans, sans qui nous ne serions rien, et pour le prouver nous avons décidé d’en interviewer un, un vrai, en chair et en os.

Nous attendons notre rendez-vous dans le hall d’accueil du Ritz, partagés entre la peur panique qui nous travaille depuis qu’on sait combien vont nous coûter nos 4 cafés, et l’impatience de pouffe à frange de 16 ans qui nous anime depuis que nous savons que nous allons rencontrer un de nos fans.

Il se dévoile soudain à nos regards, nonchalamment accoudé au bar, vêtu d’un complet veston de haute couture, poussant l’assurance jusqu’au dégrafement de non pas un, ni deux, mais bien trois boutons de chemise. Son regard éthéré survole la salle et se fixe sur notre petit groupe, tel un être de lumière condescendant à quitter son royaume céleste pour venir passer quelques minutes en notre compagnie. Nous étouffons un déglutissement commun et osons un petit signe de la main.

Avec un petit sourire supérieur, il quitte le comptoir pour nous rejoindre. Sa démarche est lente, majestueuse, aérienne. Il s’assoit finalement à la place que nous lui désignons, dégrafe encore un bouton de chemise et nous fixe sans un mot.


LaMoucheDuCoq : tout d’abord bonjour Julien, sois béni. Merci d’avoir accepté de nous rencontrer, nous sommes très fiers de pouvoir te montrer qui se cache derrière les mots que tu lis chaque jour. Si au cours de l’interview tu as toi-même la moindre question n’hésite surtout pas.

Julien Cazères : Merci à vous de me recevoir. Je ne m’attendais pas à un tel honneur. Au passage, voici l’adresse pour mon petit chèque.

LMDC : Bien, entrons dans le vif du sujet. Tu veux un café ?

JC : non merci, jamais les lendemains de cuite. Jamais, quoi.

LMDC : bien, alors commençons : Comme tu le sais sûrement, tu es le 200eme fan de LMDC sur FaceBook. Ce résultat n’est pas venu tout seul, qu’est-ce qui t’a poussé à relever le défi ?

JC : Oh, vous savez ça s’est passé très vite. Je m’occupais de mon jardin japonais quand je me suis aperçu brutalement que ma vie manquait cruellement de sel. Plutôt que d’aller en chercher à la cuisine, j’ai trouvé plus simple de me connecter sur mon ordinateur qui se trouvait à mi-chemin, et j’ai réalisé que vous aviez 198 fans. Il m’a suffi de me faire discret, d’être un peu patient, et ça a payé. Au bout de 3 jours d’attente, j’ai vu le 199eme se signaler, et j’ai attaqué immédiatement. Après ça j’ai enfin pu aller dormir, et mettre fin à mon congé maladie.

LMDC : Quelle histoire incroyable ! Vous êtes vraiment un fan. D’où vous est venue cette passion ?

JC : J’ai été éduqué dans l’amour du travail bien fait, voilà tout. Vos articles ont fait lien avec mes études, particulièrement celui sur les Lego. J’ai retrouvé des thèmes chers à mon enfance, surtout celui sur la Mort paru en septembre. Disons qu’à partir de là, les grands esprits se rencontrent… j’ai moi-même déjà vu une mouche une fois.

LMDC : Tu as les mêmes initiales que Jésus-Christ, c’est un hasard ?

JC : Pas du tout ! Mes parents sont très fans de ses films.

LMDC : Nous n’avons pas pu nous empêcher de remarquer que tu étais très beau et très grand. Es-tu aussi très intelligent ?

JC : Tout à fait. Je tiens à ne pas gêner les gens qui m’entourent, c’est un principe de vie. Ça demande beaucoup de travail, mais j’arrive aujourd’hui par exemple à casser un cure-dents entre mes fesses. C’est une qualité rare chez un fan.

LMDC : Une dernière question : Tu as insisté pour qu’on se rencontre au Ritz, c’est un endroit où tu viens souvent ?

JC : Non pas du tout, je n’ai pas les moyens de me payer quoi que ce soit ici, j’ai profité de l’occasion pour essayer de me faire inviter. D’ailleurs je n’ai pas encore vu la carte.

LMDC : Eh bien Julien, merci pour cette entrevue. Nous allons te laisser commander tranquille, l’estafette de LaMoucheDuCoq est garée en double-file. Encore bravo pour ton travail.

dimanche 7 février 2010

Anonymat 2010

"Happy New Year LaMoucheDuCoq !" - B.O., Chicago - 2010


Préambule

Le temps imparti aux politesses d'usage de ce début d'année étant arrivé à son terme depuis quelques jours, il était donc normal que LaMoucheDuCoq vous adresse enfin ses vœux pour 2010. Et l'année s'annonce a priori bien gratinée : la terre a déjà tremblé plusieurs fois, les places financières ressemblent à des montagnes russes, la pêche aux boîtes noires a été lancée en Méditerranée, L'Affaire Clearstream a rendu son verdict, des Bleus ont été sacrés champion d'Europe (certes d'un sport inconnu qui se joue à la main) et Massive Attack a sorti un nouvel album...Bref ça démarre sur les chapeaux de roue !!!

Pour bien commencer cette année 2010, et dans la lignée de L'Article de La Mort du 09.09.09, nous vous proposons en exclusivité l'interview d'un acteur majeur de la politique internationale contemporaine. Cette homme, détesté de tous, a choisi notre média pour se livrer sur l'année à venir. Il faut croire qu'il en avait gros sur la patate. A sa demande, nous ne vous révélerons cependant pas son nom car il a choisi de partager ses idées de façon anonyme avec notre envoyé spécial à Téhéran, Bernard Vinaigre. Il sera appelé M.A. pendant tout cet échange intime.


Interview

BV : Mahmoud, bonjour. Merci de votre invitation au sein de ce splendide palais présidentiel à Téhéran. Merci également de nous avoir autorisé à vous poser quelques questions sur votre vision du monde pour l'année 2010.



MA : Bonjour برنار. Je vous remercie d'avoir respecté toutes les consignes d'anonymat pour réaliser cette interview. C'est très important car je ne suis pas sensé rencontrer de médias européens sans l'autorisation des ayatollahs.


BV : Tout d'abord Mahmoud, comment vous sentez-vous ? Avez-vous passé de bonnes fêtes de fin d'année ?




MA : Oui, je vous remercie. Nous avons fêté le jour de l'an le 1 Mouharram 1429 (NDLR cela correspond au 10 janvier 2010 dans notre calendrier). Nous sommes partis en famille à Babolsar sur la Mer Caspienne.


BV : Comment voyez-vous l'année 2010 ? Pensez-vous que le monde va se redresser, puis repartir sur une décennie tournée vers la coopération internationale des blocs et des états ?



MA : Non, je n'y crois pas et ne l'espère pas d'ailleurs. Ma popularité est friable, uniquement basée sur une opposition aux blocs occidentaux pro-sionistes. Il en va de ma carrière internationale et de ma place ici même à Téhéran. L'année 2010 sera de ce point de vue là une année cruciale. Notre bombe nucléaire sera prête cette année et présentée au salon du Bourget 2011.

BV : N'y a-t-il donc aucun espoir de vous voir un jour serrer la main du président des USA, BO ?




MA : Non, pas en 2010. J'ai des contrats avec HC au Venezuela et avec Le fils Castr... hum enfin un ami cubain, pour continuer à faire grincer la machine impérialiste américaine. Notre or noir abondant nous permet d'être indépendants économiquement. J'ai toutefois envoyé mes vœux à BO pour 2010 :D

BV : Pourquoi avoir choisi le nucléaire plutôt que les énergies renouvelables ?




MA : Je ne souhaite pas répondre à cette question. Disons que ma fille de 4 ans (elle s'appelle URANIA, ndlr) a joué un rôle majeur à l'époque dans le choix du nucléaire. Et je vous renvoie la balle de toutes façons... la France n'a-t-elle pas fait le même choix à l'époque sous le gouvernement de CDG ?

BV : Certes. Mais pourquoi menacez-vous le monde en permanence ? Vous vous rendez bien compte, la Corée du Nord et vous, que vous êtes sur des combats passéistes...



MA : Ne nous comparez pas à la Corée du Nord, ce ne sont que des fous qui monnayent tout à coup de têtes d'ogives. Nous, nous avons un véritable projet atomique. Quant à nos menaces, elle n'obéissent qu'à un principe 100% capitaliste : la meilleure défense, c'est TOUJOURS l'attaque. TOUJOURS. Baaaaaam.

BV : Dernière question. Les iraniens semblent être des brêl... faibles dans quasiment tous les sports. En 2010, la Coupe du Monde de football est organisée pour la première fois en Afrique. Avez-vous un favori ? Regrettez-vous que l'équipe d'Iran n'y participe pas ?


MA : Khra! Je déplore que cette équipe ait fait n'importe quoi pendant les qualifications. Elle a fini derrière les 2 Corées (grr...) et derrière l'Arabie Saoudite. Heureusement qu'on a fini devant les Émirats Arabes Unis sinon cela aurait été l'humiliation maximum. J'espère que l'Algérie fera beaucoup de mal aux USA dans le groupe C.

BV : Mahmoud, merci beaucoup de votre disponibilité et pour vos réponses. Je vous souhaite une excellente année 2010. Notre échange sera publié sur Twitter et facebook. On garde tout ?



MA : On garde tout. برنار, je vous souhaite une excellente année aussi, Inch Allah. Je vous fais raccompagner par ma milice spéciale.



Mais où est passé برنارVinaigre ?

Nous sommes sans nouvelles de Bernard Vinaigre depuis désormais 12 jours, il nous a envoyé via le web mobile le compte rendu de cette entrevue, et depuis, silence web. Si vous avez des informations le concernant sur les réseaux sociaux, merci de contacter l'équipe de LaMoucheDuCoq au plus vite.

dimanche 22 novembre 2009

Les "Années 90" au pied du Mur : les jeux vidéo



Qui mieux qu’une ex-star pour évoquer le jeu vidéo made in 90's ? A la MoucheDuCoq, on aime les monstres. C’est donc tout naturellement que notre choix s’est porté sur Blanka. Direction le Brésil où la créature – lunettes d’écailles et pipe sur son inusable short - nous reçoit dans l’intimité de sa hutte, sur les rives du fleuve Amazone.



Blanka bonjour et merci d’avoir accepté notre invitation.

Brrrwar !!! Tout le plaisir est pour moi. Mon attachée de presse est au chômage technique depuis quelques temps vous savez...


Vous étiez pourtant une star des salles d’arcade dans les années 90. Parlez-nous de votre vie avant la gloire.

Unique survivant d’un crash aérien au dessus de la forêt vierge, j’ai été recueilli par des indigènes qui m'ont pris pour une entité divine. Lassé par les frous-frous protocolaires, j’ai rejoint la ville pour me consacrer à la musique.


J’aurai même pu devenir bassiste de Sepultura si cet empaffé de Paulo Jr. n’avait pas court-circuité mon ampli avant l’audition. L'accident m'a rendu... « électrique ».Capcom m’a ensuite repéré dans un cirque où je dansais la capoeira. La firme était en plein casting pour son prochain jeu de combat. Mes capacités les intéressaient. Le contrat était avantageux, j’ai signé tout de suite.


Street Fighter II sort en 1991. Le titre se démarque par une réalisation et un gameplay d’une rare richesse. Capcom engrange les millions, les suites se multiplient, et la franchise devient l’archétype du jeu vidéo des années 90. Pourtant, vous avez connu une traversée du désert...


En 1992, Capcom est venu nous trouver avec un projet démentiel : adapter Street Fighter II sur Super Nintendo. Une gageure technique ! On n’était pas trop chauds au départ ; on craignait pour notre image. Ils ont su nous convaincre que l’opération élargirait notre audience.


Finalement, le portage fit vendre à lui seul des millions de consoles. Mais les conditions de travail ont changé : notre variable, 10 % sur chaque pièce insérée, a été remplacé par des royalties sur les ventes de cartouches. Ca peut paraître avantageux à 134 € (constants) l’unité, mais les combats ont perdu en intensité. Peu à peu, les jeux d’arcade 2D sont devenus has been.


Capcom nous a mis au placard en 1995. Avec la Playstation, le jeu vidéo quittait l’underground pour s’installer définitivement dans les foyers. « Les gosses des salles d’arcade ont grandi nous répétaient les gars du marketing. Il leur faut de nouvelles icônes, de nouveaux styles de jeux ». Le CD-ROM et la 3D leur permettaient de créer des univers plus adultes.

Des « expériences cinématographiques ». N’importe quoi ! Ils ont fini par couper nos budgets au profit d’un projet obscur : Resident Evil. Si un jour je chope ce boyscout de Chris Redfield. Grrr...

(De petites étincelles jaillissent de la toison rousse de Blanka)


Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’industrie?


(Blanka soupire en se recoiffant)

Nous sommes passés d’un business de niche artisanal à un loisir de masse. Les enjeux financiers ont tout bouleversé... Pour plaire au plus grand nombre, les industriels ont mis au point toutes sortes de procédés facilitant la vie du joueur.

Autrefois, chaque partie était une lutte pour le « perfect ». Un darwinisme vidéoludique. Chaque pièce de 10 francs insérée dans le monnayeur recelait un petit goût de sang. Les ados se disputaient le titre d’alpha geek en face à face. Aujourd'hui, tout se passe en réseau ; la généralisation de la sauvegarde a fait disparaître la sanction du « game over ». Je ne vous parle pas de ces fiottes qui se battent en 3D. De toute façon j’ai pris du bide, j’aime autant qu’on me voie de profil.


La Playstation a pourtant permis au jeu vidéo de sortir du ghetto...


Pour les financiers, peut être ! Mais pour les ouvriers du jeu 2D, c’était la relégation en D2. Mario, Bomberman, Sonic ? Sous respiration artificielle ! Remplacés par des héros en 3D au design grotesque. J’ai même du aller aux Prud'hommes pour figurer dans Street Fighter 3 ! Tout ça à cause d’une prestation un peu molle dans le film - quelle idée ! - et d’un soit disant besoin de renouvellement. De toute façon le jeu s’est pris une raclée face à Tekken.


Vous avez tout de même fait un retour remarqué dans le récent Street Fighter IV.

Il me manquait des trimestres pour percevoir ma retraite à taux plein. De son côté, Capcom avait besoin de vieilles gloires pour ressusciter la franchise. J’ai rempilé à contrecœur : l’employeur voulait absolument adapter le jeu en full 3D. Nous n’étions pas d’accord. S’en est suivi un long mouvement social. Finalement, le syndicat de la 2D a accepté la modélisation des combattants en 3D en échange du maintien d’une jouabilité old school. Les gamers peuvent nous remercier : sans cette lutte, les heures englouties à maîtriser le « quart de cercle + low punch » auraient été anéanties.

Dernière question : nous fêtons cette année les 20 ans de la chute du Mur. Une réflexion ?

Vous savez ce que j’en fais des murs ?

mardi 17 novembre 2009

Les "Années 90" au pied du Mur : la musique (2)

Partie 2 : les stars depuis le paradis

"Vous essayez de me faire croire que ces abrutis bruyants et décérébrés auront une importance quelconque pour la postérité ? Vous êtes priés d'avancer vos arguments. Et vite ! J'ai pétanque."
Paradis, service du patrimoine culturel. Les couloirs de la salle d'audience résonnent de cette voix de stentor qui, autrefois, faisait onduler les transistors. Sujet du jour: la musique populaire des années 90. Vaste débat auquel certains bloggeurs aussi stupides que téméraires ont voulu se frotter au début du XXIème siècle. Autour du King, enfoncé dans ses franges à veste (à moins que ce ne soit l'inverse), une bande de vieux briscards tenants du "c'était mieux avant". A la barre, un témoin s'avance. Cheveux blonds filasses dans le visage, chemise à carreaux dépenaillée, jean aussi troué qu'un emmental suisse.

- Veuillez décliner votre identité.

- Kurt Donald Cobain, arrivé ici le 5 avril 1994. Chanteur et guitariste du groupe "grunge" Nirvana.

- M. Cobain, vous étiez à la tête de l'une de ces formations qui a ramené le rock en haut des charts au début de la décennie. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

- On doit notre succès à MTV. Les gosses de l'époque, la fameuse génération X ne se retrouvaient pas dans la variétoche aseptisée que déversait la bande FM. En dictateurs du culturellement correct, les mecs de MTV ont vite compris que bien packagée, le mal-être se vendait aussi bien qu'un baril de lessive ; que ces mômes nihilistes et zappeurs seraient un jour des consommateurs, des décideurs. Seulement vous voyez pas comme un problème à vendre de la révolte aux heures de grande écoute ? J'ai jamais demandé à être le porte parole d'une génération née avec une télécommande entre les mains !


- Après votre disparition en 1994, des dizaines de groupes "rock" ont émergé avec plus ou moins de bonheur: Smashing Pumpkins, Rage Against The Machine, Green Day, Offspring... Les enfants de Nirvana ?

- Les guitares étaient à la mode et leur "icône" avait disparu. La nature ayant horreur du vide, une sorte de déferlante "pop rock", que je hais ce mot, s'est abattue sur les ondes. Certains étaient bons - Weezer a fait du super boulot à l'époque - mais bon nombre étaient aussi artificiels et insignifiants que les groupes dance qu'ils ont remplacé. Sous la houlette du label Epitaph, on a aussi voulu nous servir le "retour du punk" avec des groupes comme NOFX ou Blink 182. Mais franchement, une bande de californiens qui claquent le fric de papa pour casser des guitares et des skates, vous trouvez ça punk vous ? Outre-Manche, on nous a joué le deuxième round de "Stones VS Beatles" avec la rixe de cour d'école entre Oasis et le reste de la britpop (The Verve, Radiohead, Supergrass...). Ridicule. D'autres groupes ont été totalement montés en épingle par leur maison de disques avant d'être jetés aux oubliettes. Qui se souvient de Dog Eat Dog ou de Therapy ? Heureusement, cette frénésie n'a pas duré: vers 96, les Marshall se sont tus pour céder la place aux platines.

- Je vois. M. Cobain merci, vous pouvez vous asseoir. J'appelle un nouveau témoin à la barre. Veuillez décliner votre identité.


- Lesane Parish Crooks aka Tupac Shakur mec. J'me suis fait shooter le 13 décembre 1996 à Vegas.

- Quelle profession exerciez-vous ?

- Pourquoi tu veux que je te dise ce que je faisais en bas ? T'es flic ? Tout le monde connait Tupac !

- Je vois que le mitard céleste ne vous a guère calmé. Si mes registres disent vrai, le "hip hop" était l'une des cultures majeures de la fin du XXème siècle. Vous confirmez ?

- Une des ? Une des ? Mais bordel t'es qui toi ? Tu sors d'où avec ta banane et ta veste à frange ? On était les boss mon gars ! Les putains de boss... enfin, surtout nous. Les autres c'est des tocards.

- A qui faites-vous allusion ?

- Tous ces putains de guignols de l'East Coast. Ca se prend pour des durs mais il suffit que Tupac ouvre la bouche, pour qu'ils courent comme des cafards. Ces bouffons se prennent trop au sérieux. Les vrais gangsters - des mecs comme Cypress, Dre ou Snoop - savent se marrer. On cause dope, lowriders, flingues et pétasses. Pas comme ces bouffons de Public Enemy du Wu Tang et leur prêchi-prêcha de la rue. Je te parle même pas de cet enculeur de maman de Puff Daddy. Le pire ! Nous on est là pour faire du biz, te faire remuer du booty et palper tes dollars. Pas pour chroniquer la rue. Ils sont pris pour des curés ou quoi ?

Un homme noir de forte corpulence jaillit de l'assistance armé. Il hurle: "je vais te buter enfoiré d'bâtard". Rapidement maitrisé, le forcené se révèle être Biggie Smalls, plus connu sous le nom de Notorious BIG, ex-roi du hip-hop new yorkais mystérieusement assassiné quelques mois après son rival Tupac Shakur.

- Votre rivalité était donc réelle....

- Au départ oui. Mais les producteurs n'ont pas hésiter à jeter de l'huile sur le feu lorsqu'ils se sont rendus compte du potentiel commercial du clash. La France ne s'y est pas trompée en créant de toutes pièces la rivalité entre Paris et Marseille.

- Parlons-en de la France....

- Pas grand chose à dire. La scène française n'a émergé que pour satisfaire aux quotas stupides imposés par la loi Toubon. Sans votre ministère (amer) de la culture, les petits français se seraient sans doute épargné des "mon papa à moi est un gangster" et autres Menelik ; ces saloperies de boy's bands aussi d'ailleurs...

Un jeune homme au torse glabre s'écrie: "Objection votre honneur !".
- Rejetée, M. Nikolic.

Le dernier témoin s'avance à la barre.

- Didier Sinclair, disc jockey décédé le 30 octobre 2008.

- M. Sinclair, nous vous avons convoqué en tant que représentant de la culture électronique... A votre avis, quelle importance a eu ce mouvement dans les années 90 ?

- Tout le monde a tendance à prendre Cobain pour LA figure symbolique ; LE mec qui résume tout. Non. La décennie a bien plus été marquée par les DJ que par ces crétins chevelus qui n'ont fait que remettre au goût du jour le rock des 70's. Le Guitar Hero s'est fait DJ Hero. D'un univers marginal on est passé à une multitude de galaxies: house, techno, eurodance, IDM, breakbeat, trip hop, ambient, drum'n'bass.... Des mecs comme Laurent Garnier, Aphex Twin, ou les Propellerheads sont les héros d'une génération. Il suffit de voir le nombre de rejetons des Daft Punk pour s'en convaincre.

L'heure est à l'avocat général. Le procureur Jim Morrison prend la parole.

-Mesdames messieurs les jurés, nous sommes ici pour juger si les 90's laisseront une trace dans l'histoire musicale. Malgré les arguments avancés par les témoins n'oublions pas, n'oubliez pas, que cette décennie a vu proliférer les groupes préfabriqués et les rivalités créées de toute pièces. L'omniprésence, que dis-je, l'omniscience des majors et de la bande FM ont amené à éclosion des groupes tels que Pow Wow, G-Squad ou la fratrie Hanson. Des idoles préfabriquées ont été jetées en pâture à nos jeunes. Nous jugeons l'âge d'or de la musique purement commerciale, le Saint-Suaire du marketing culturel. Est-ce là un héritage que vous souhaitez laisser à l'humanité ? Croyez-vous réellement qu'une telle époque mérite la clémence ? Je ne le pense pas. Je requiers donc la peine maximale: le déni culturel et l'oubli le plus total.


"La parole est à la défense. Maître Thaws, vous représentez les années 90 et le monde des vivants. Avez-vous quelque chose à ajouter avant que nous ne délibérions ?"

L'avocat des 90's s'avance dans un nuage de fumée. La voix rauque, il murmure.

-"Malgré d'indéniables dérives marketeuses, les années 90 ont décloisonné les styles. L'émergence de la MAO et du sampling ont rendu la musique accessible à tous. Plus besoin de s'appeler Mozart pour donner corps à ses idées. Beaucoup d'artistes ont commencé à triturer de vieux sons pour en créer des nouveaux. Avec Endtroducing, DJ Shadow a même lâché le premier album exclusivement composé de samples. Ailleurs, des artistes cloisonnés se sont mis à collaborer. Les rappeurs se sont mis à causer aux métalleux sur Judgement Night. La même expérience a été reconduite sur la BO de Spawn. Tous les croisements devenaient possibles ! De vieux blanc-becs punks, les Beastie Boys, se sont même mis à rapper ! D'autres ont tenté le crossover improbable entre breakbeat, dub, rock et musique traditionnelle. Je pense à Asian Dub Foundation ; Prodigy et consorts ont même réussi la gageure de réconcilier deux scènes qui s'ignoraient superbement.

A la lumière de ces faits, je sollicite donc l'indulgence pour une époque qui a su faire tomber les murs. Françaises, français, belges, belges, mesdames et messieurs les jurés, cher lecteur, public chéri mon amour, c'est à vous de délibérer !"

Déjà publié :

1. Le CD, cheval du MP3 ?

lundi 28 septembre 2009

Dans le slip, tout est bon...ou presque.




LaMoucheDuCoq vous propose de passer en revue l'ensemble des sous-vêtements en toute simplicité. Après un long débat interne et intérieur, le choix du premier article s'est porté sur le slip homme. LE slip, quoi, le vrai, le blanc avec l'élastique et tout... Celui tant décrié par la gente féminine et par sa presse. Nous avons du coup décidé de vous faire un panoramique à 360° sur ce thème qui abordera l'histoire du slip, le slip vu par un homme (et quel homme !), le slip vu par une jeune femme et via un concours pour lequel vous pouvez voter sur facebook pour nous indiquer quel slip vous êtes. Avec une belle conclusion pour mettre tout le monde d'accord !!!

L'HISTOIRE DU SLIP


Visiblement l'histoire du slip est un peu confuse. Ça commence mal... nous avons d'emblée quelques difficultés pour dater son apparition, mais apriori elle intervient au début du siècle dernier, ce qui est plutôt récent. Une chose est sûre, c'est que le slip ne s'est pas imposé tout de suite, et qu'il n'a jamais cessé d'évoluer, comme une réponse à des contraintes de plus en plus identifiées.

En effet, il faut imaginer que nos arrières grands-pères ne mettaient peut-être pas de sous-vêtements durant leur adolescence mais utilisait leur chemise, attachée à l'aide d'un rabat à l'intérieur de leur pantalon. L'expression "être cul et chemise" prenait alors toute sa dimension. Parfois un caleçon long faisait l'affaire aussi...


Voici les événements qui ont marqué l'histoire du slip homme :

1906 : Les premiers sous-vêtements identifiés comme slips se retrouvent dans le catalogue Manufrance. Ils sont en tricot de laine et destinés aux sportifs.
1913 : Apparition du mot "slip", l'élastique remplace les boutons.
1918 : Petit Bateau commercialise les premiers slips "grand public" en décidant de supprimer les jambes de ses caleçons longs.
1927 : Jil invente le premier slip à poche.
1934 : Apparition du slip "Jockey" brodé en Y à l'envers à partir de 1938 par la société américaine éponyme. Le premier slip qui "soutient" l'attirail est né. Le slip a enfin la classe !
1939 : Damart invente le premier slip 100% pure coton blanc qui se lave enfin sans laisser de trace. Le slip est enfin propre !
1944 : Invention du slip "Kangourou" par la marque Musingwear qui détient donc une poche spéciale et qui rajoutera par la suite une ouverture horizontale dans cette poche.
1953 : Damart invente le premier slip en Thermolactyl et devient le slip anti-rhumatisme. Le slip n'a plus la classe !
1960 : Eminence devient leader mondial du slip en surclassant son modèle 108 slip qui contient des poches fines 100% coton.
1970 : Premier mini-slip fabriqué par la marque Hom. Le slip se réduit encore !
1976 : Premier slip sans ceinture élastique, uniquement avec du textile issu de la chimie.

ET PUIS C'EST TOUT !!! AUCUNE INVENTION MARQUANTE DEPUIS PLUS DE 30 ANS !!!

DE LA VISION DU SLIP PAR BERNARD VINAIGRE...


Eve Huile : Vous-même, avez-vous des slips ? Si oui, les portez-vous ?

Bernard Vinaigre : Très bonne question Eve. Merci de me l'avoir posée. Je pense que vous allez tenir un scoop : je suis en possession d'un seul et unique slip, un slip kangourou blanc 100% coton. Je reconnais l'avoir essayé 2 ou 3 fois devant une glace en ricanant, et l'avoir mis pour courir une fois. Ça m'a irrité tellement fortement les adducteurs que je n'ai jamais recommencé ni la course à pieds, ni le port du slip. C'était en 1997.

EH : Pensez-vous que les hommes aient un complexe par rapport au port du slip ?


BV : Oui. 100 fois oui. Un complexe pas originel, mais qui grandit avec eux. C'est le syndrome dit du "chippendale". La faute est tout d'abord imputable à la presse féminine (et parfois masculine) qui focalise depuis des années sur 2 choses : la ringardise définitive du "slip à papy" et l'apologie des corps slipés comme des BIG-JIM. Ensuite je pense que beaucoup d'hommes ne savent pas bien acheter leurs slips, tellement honteux et méfiants (en plus d'être obnubilés par l'idée de ne pas en prendre un lot trop craignos) qu'ils ne se soucient même plus de la taille, et comme ils ne les essaient pas pour des raisons d'hygiène, c'est la catastrophe. Je serais curieux de savoir combien de pourcents de slips achetés ou offerts ne sont jamais portés.

EH : Que mettriez-vous derrière le slip ?

BV : C'est "coton" comme question, si vous voulez bien m'excuser ce petit trait d'humour. Disons que derrière le slip, je mettrais en avant surtout sa fonction première : maintenir, soutenir, plaquer. Il a été conçu pour ça avant tout. Des générations entières de pro-caleçons vous confirmeront les soucis générés par le manque de soutien. Mais bon, quand on opte pour l'esthétique avant le confort, en général on finit perdant. C'est la loi de la nature. Il faut aborder également la problématique de la couleur : pourquoi le slip a-t-il mis des décennies avant d'être décliné dans une autre couleur que le blanc ? je n'ai pas la réponse, du coup derrière le slip, je mettrais volontiers un peu de couleur sur un fond blanc, pour évoquer cela.

EH : Pensez-vous que les femmes soient réticentes au port du slip ?

BV : Vous voulez dire réticentes au port sur elles de nos slips ?

EH : Non, non. Réticentes au fait que leur homme porte des slips par exemple...

Pardon, je n'avais pas compris ! Non, je ne crois pas. Je pense que le slip a toujours fasciné la femme, tantôt un fantasme chez certaines, tantôt une évocation de la petite enfance en culotte courte chez d'autres. D'aucunes poussent même le vice jusqu'à mettre les slips de leur homme afin de les dominer encore un peu plus, d'où ma confusion ! Je pense que si quelques femmes en ont une sacrosainte horreur, c'est avant tout à cause du phénomène "slip/chaussettes" paralysant qu'elles ont pu vivre parfois dans un lit, ou en lien avec une humiliation de bord de mer générée par un slip de bains un peu court. Mais globalement, elle aiment se moquer de nous en slip et nous on n'aime pas trop ça...

EH : Le mot "sexy" est-il à vos yeux associable au slip ?

BV : J'avoue avoir un peu de mal avec ce concept du "sexy dans mon slip". Quelques experts savaient par le passé porter le slip et l'assumait. Il suffit de se rappeler le côté décontracté et à l'aise de Jean-Pierre Marielle, en slip dans nombre de ses films, qui tend à prouver que s'il y a un
savoir bien porter son slip, il y a aussi un savoir bien le retirer. Après quant à savoir si l'on est sexy dedans ou pas, cela n'intéresse que les juges d'une société nourrie à la presse adolescente et/ou à scandale. D'ailleurs ne peut-on pas considérer que le sexy, c'est plutôt le nu total ?

EH : Qu'avez-vous fait de votre slip ?

BV : Désormais, il sert à cirer des mocassins en Normandie.

...A LA VISION DU SLIP PAR EVE HUILE

Bernard Vinaigre : Mais bon sang de bois que diable s’est-il passé avec le slip ?

Eve Huile : Gardez vos nerfs Bernard et laissez-moi vous répondre. De mon humble point de vue, le slip est à l’homme ce que le poil est à la femme dans notre civilisation occidentale : contesté. Souverain chez nos grands-pères qui l’arboraient fièrement au sortir du bain en sifflotant, questionné chez nos pères qu’il commençait à gêner aux entournures de la virilité plus-toute-puissante, il est culturellement banni chez l’homme hétérosexuel d’aujourd’hui. Une génération toute entière de rebelles sans cause s’est élevée : "Le slip : il ne passera pas par moi" et plus personne pour leur dire : "Tu vas voir c’est super". Boxer et Caleçon sont devenus les deux testicules - passez-moi l'expression - de l’underwear masculin, assurant maintien et décontraction en toute volupté. Le slip, vaincu, n’a eu d’autres choix que de battre en retraite et trouver refuge dans des niches diamétralement opposées entre ringardise absolue et sophistication extrême... avec le confort comme ultime justification.

BV : Oui je veux bien...mais pourquoi POURQUOI le slip n’a-t-il plus la côte auprès des femmes ?

EH : En somme, vous voulez savoir ce que nous, les femmes, nous mettons derrière un slip. Je vous préviens : on ne vous fera pas de paquet cadeau.

BV&EH : Rires.

EH : Je reprends et je pense m'exprimer au nom d'une majorité de femmes. L’idée du confort comme poche argumentaire des défenseurs du slip donc. Aux antipodes de l’idée que l’on peut se faire de l’érotisme. Si nos Jackies aiment quand ça soutient bien et bien ce sera toujours ça de gagné. Parce que pour le reste...euh. Ils peuvent toujours en faire un choix politique mais c’est le meilleur moyen d’arriver à 40 ans, toujours puceau. Oui, d'une seule voix, nous pourrions nous écrier : “Un slip mais c’est horrible” avec la moue qui découvrirait une tête de cafard dans un macaron Ladurée. Non vraiment, le slip est pour nous directement associé aux beaufs/seniors.... à sandales tiens... donc no fucking way. Par ailleurs, si l’on va au-delà de cette répulsion collective, qui se rattache, je vous l’accorde, davantage à la culture qu’à l’individu, force est d’admettre, que le slip ne flatte pas la plupart des hommes.

BV : Voulez-vous dire par là que certains ports prohibent le corps du slip ?

EH : Me demandez-vous par là si certains corps prohibent le port du slip ?


BV : Hem...oui...voilà.


EH : Et bien, je vous répondrai sans détour. Oui. Esthétiquement, le slip ne doit être là que pour sublimer car il n’entretiendra aucune illusion optique sur votre anatomie chers messieurs. Si vous êtes doté d’un physique que d’aucuns - dont votre mère - appelleraient modeste, sans nouvelle de vos abdos depuis qu’ils sont partis un beau matin chercher des cigarettes, si vos copains vous surnomment Belly Jean, enfilez un caleçon, ce sera plus simple. En tout cas, moins douloureux.

BV : Mais ce que vous nous dites là, c’est que c'est donc complètement foutu pour le slip ?

EV : Je serais tentée de vous dire oui et cependant... je constate que, depuis quelque temps, le slip sort du placard... et pas seulement dans la communauté gay chez qui son succès ne s'est d'ailleurs jamais complètement démenti. En effet, le géant American Apparel, qui n’aime rien moins que l’injustice, a décidé de donner au slip un nouveau look pour une nouvelle vie via des formes réactualisées et des couleurs audacieuses. Par ailleurs, chez Armani, notons que David Beckam, un temps considéré comme le chef de station du métro Sexuel, incarne parfaitement l’homme en slip... à l’abri de la commotion cérébrale. Et c’est grâce à ce genre d’initiatives qu’à l’effroi commence à succéder l’émoi... purement plastique. Et oui, même en nous éloignant de l’imagerie papy-plouc, on ne gagne pas forcément en érotisme.

BV : Pensez vous donc que c’est l’homme qui fait le slip et non l’inverse ?

Oui... finalement... je ne suis pas loin de penser que c'est bien l’homme qui fait le slip. J’en veux pour exemple Christian Troy, décadent chirurgien esthéthique de la série Nip/Tuck, le Miami Vice à lui tout seul, fort de quintaux de conquêtes féminines, plus sûr de lui que vous ne le serez jamais. Et bien figurez-vous qu’il porte des slips... et pourrait même lui donner ses lettres de noblesses modernes. Et pourquoi donc... et bien paradoxalement, parce qu’il colle à l’image du mec à l’ancienne, fort en gueule et en carrure, dont la virilité est un présupposé absolu à la personnalité. Oui, il porte bien le slip. Il parvient à l'érotiser de surcroît. Hardu.

CONCLUSION

Bernard Vinaigre : Dans le slip, tout est bon. Sauf l'élastique. Ça irrite.

Eve Huile : Le slip doit être porté au premier degré par des hommes, des vrais, que la nature n’a pas trop obligé à cultiver le second, pour l’érotiser au dernier.

mercredi 9 septembre 2009

09.09.09 - L'Article de La Mort

00:09
LaMoucheDuCoq vous offre une interview mortelle pour cette date spéciale. Ni plus ni moins la première depuis très longtemps de Sa Majesté La Mort. Nous n'avions pas eu la possibilité de réaliser cette entrevue le 06.06.06 puisque ce blog n'existait pas encore et que La Mort n'aurait de toutes façons pas été disponible tant les demandes des médias étaient importantes. Nous avions donc décidé de prendre le problème à l'envers en fixant rendez-vous à La Mort le 09.09.09. Nous y voilà enfin (gloups). La meilleure façon de fêter les 3 mois d'existence jour pour jour de La Mouche Du Coq.

SUR LA ROUTE DU PALAIS DE LA MORT
C'est donc en direction du glacial Palais de La Mort situé sur le Signal de La Sauvette à 780 m d'altitude dans le Massif des Maures que nous nous dirigeons. L'équipe de LaMoucheDuCoq est au grand complet, nous sommes 5 garçons et 1 fille. Il fait nuit noire. La géologie autour du palais semble être de type métamorphique et dater du paléozoïque. Nous laissons notre combi VoitureDuPeuple en bas du mont et demandons à Eve Huile de rester dans le combi afin de nous assurer un démarrage rapide si jamais ça tournait mal.

L'ascension semble terroriser tout le monde : Albert Gamote claque des dents depuis le début, Benhamou Tarde se cache derrière chaque arbre qu'il croise, Radis Donc incante le diable pour être épargné par La Mort, Eric Orée tient une photo de Trent Reznor entre les dents et Bernard Vinaigre mène le convoi vêtu d'une grenouillère pour adulte noire spéciale interview de La Mort (la trappe à caca a été remplacée par un bout de tuyau d'arrosage pour faire diablotin). Le Palais De La Mort finit par s'offrir à nous. Nous sommes visiblement déjà arrivés (gloups). Nous regrettons de ne pas avoir emmené Eve Huile avec nous, on lui aurait bien laissé l'honneur de sonner la cloche.

VICTIME #1 : BENHAMOU TARDE
Finalement c'est Benhamou Tarde qui est désigné comme éclaireur. Il sonne mollement la cloche. Une voix s'élève : "C'EST L'EQUIPE DE JOURNALISTES DE LA MOUCHE DU COOOOOOQ ?" Les 5 voix de concert répondent "O...Ou...Oui". Un silence interminable s'en suit. Les portes du Palais s'ouvrent en grinçant fortement. Nous traversons une cour, puis nous montons les marches une à une. Nous ne sommes plus qu'à quelques mètres de La Mort (gloups). Nous nous comptons avant de faire connaissance avec notre hôte : il semblerait que nous ne soyons plus que 4, Benhamou Tarde a disparu.

L'INTERVIEW DE LA MORT
La voix s'élève à nouveau :"ENTREZ PETITS MERDEUX...VOUS N'ÊTES PLUS QUE 4 FINALEMENT ? INSTALLEZ-VOUS. POSEZ CHACUN VOTRE TOUR UNE QUESTION. LA MORT VOUS ÉCOUTERA, VOUS REPONDRA ET EN FONCTION DE VOTRE PERTINENCE, VOUS ELIMINERA ".

VICTIME #2 : ERIC ORÉE
Eric Orée se lance en premier : " Sa Majesté, une certaine scène musicale liée au Hard-Rock et au Metal semble s'être accaparée votre image et revendique le fait d'intervenir en votre nom. Qu'en savez-vous et qu'en pensez-vous ?"

Réponse de La Mort : "Je m'en branle de tous ces ersatz de moi-même. Moi j'étais bassiste du groupe Death In Vegas (NDLR : qui devait s'appeler Dead Elvis au départ) et je n'avais aucunement besoin de violenter le son pour faire le mal comme je l'entendais".



Eric Orée s'effondre d'un coup. Il git avec la photo de Trent Reznor dans la bouche. Nous sommes horrifiés et stupéfaits par ce que nous venons de voir.

VICTIME #3 : RADIS DONC
C'est au tour de Radis Donc de proposer sa question : "Une question me brûle les lèvres Majesté, êtes vous responsable des centaines de morts annuelles de civils servant de boucliers humains dans les conflits comme celui de l'Afghanistan ?"

Réponse de La Mort : "J'en ai rien à foutre des blaireaux de civils, c'est la connerie humaine qui les tue...moi je ne m'attaque qu'à ceux qui les dirigent".



Radis Donc se met à brûler spontanément. Un nuage de fumée se trouve en lieu et place de son corps. Nous sommes au bord de la syncope et désormais plus que deux.

VICTIME #4 : ALBERT GAMOTE
Albert Gamote se lève en claquant des dents (fâcheuse habitude). C'est à son tour d'y passer, enfin de poser sa question : "Est-il vrai Majesté que vous avez le pouvoir de rentrer en possession de certaines personnes, comme nous avons pu le voir dans l'excellent film L'Exorciste sorti en 1974 ?"

Réponse de La Mort : "Foutaises ! un simple talent de ventriloque tout au plus ! ça n'est guère plus difficile que de faire parler Tatayé !"



Albert Gamote explose en mille morceaux. On aperçoit l'ensemble de sa dentition plantée dans un mur du palais et une odeur fétide envahit la pièce. Bernard Vinaigre est désormais tout seul avec sa fausse grenouillère, assis sur son morceau de tuyau d'arrosage. Il se sait condamné mais sa conscience professionnelle le pousse à aller au bout de l'interview (gloups).

SEUL SURVIVANT : BERNARD VINAIGRE
Il pose du coup la probable dernière question à la Mort : "Est-ce vrai, comme nous l'a laissé entendre Mr Manatane (aka Benoit Poelvoorde), que vous vous déplacez en moto pour aller travailler en ville ?"

Réponse de La Mort : " Oui c'est vrai. C'est exact. je me déplace sur une Kawasaki à la robe noire. Cela fait trente ans que j'ai passé mon permis moto, c'est bien plus rapide pour se mouvoir et ça me permet d'être toujours à l'heure car la mort n'attend pas. En revanche quant je vois tous ces mortels en 103, en scooter ou en Chappy se faire faucher par la vie, je me mets en boule et ensuite j'ai des aigreurs. Quel gâchis ! "



Question de Bernard Vinaigre : "Je me permets de poursuivre avec d'autres questions Majesté, étant donné que mon équipe n'est plus et que je suis en vie. Que pensez vous du marché de la mort ? Pensez-vous continuer longtemps à exercer vos talents dans ce secteur? Avez-vous sinon d'autres passions qui vous permettraient de vous reconvertir ?"


Réponse de La Mort : " Le marché de la mort est devenu très très difficile. Mes prédécesseurs se régalaient entre les fléaux (comme la peste ou le choléra), les guerres de position, la surmortalité infantile... moi je dois désormais me contenter de quelques crashs d'avions, d'un tremblement de terre par ci, d'un tsunami par là... Je travaille en ce moment sur une pandémie de grippe mais personne n'en veut... c'est décourageant... l'essentiel de mon travail en ce moment se situe au niveau des catastrophes naturelles ou autour des zones classifiées SEVESO... sinon pour vos deux autres questions, je pense prendre ma retraite en Moldavie dans peu de temps et me reconvertir dans le cinéma."






Question de Bernard Vinaigre : "Dernière question Majesté. Est-ce que vous êtes à la tête d'une famille qui pourrait prendre votre relève ? avez-vous un dauphin ?"


Réponse de La Mort : " J'ai dans ma vie eu différents amants avec lesquels j'ai eu 9 enfants. Je les emmène souvent en vacances avec moi en Moldavie, où ils jouent tous ensemble à mourir à vélo. Ils sont très soudés mais mon premier enfant semble être plus armé pour dauphiner et plus machiavélique que les 8 autres. La relève est prête, ne vous faites aucune inquiétude de cela... "




L'interview se termine. La Mort est apparue plus accessible sur la fin. C'est un
Bernard Vinaigre du coup plus détendu qui remercie chaleureusement La
Mort pour le temps qu'elle lui a consacré et pour l'avoir laissé en
vie, avant de prendre congé d'elle. Il détient la cassette de
l'interview la plus mortelle de l'histoire du journalisme. Il redescend
les marches, traverse la cour où il retrouve Behnamou Tarde tétanisé,
en pleine décomposition, et en train de prendre racine dans un pot de
fleur. Son équipe est décimée. Il se souviendra toute sa vie qu'il ne
faut JAMAIS prendre La Mort à la légère.
JAMAIS !
ן

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